[THÉÂTRE] théâtre Garonne et partenaires | du 15 au 31 jan. | 5 à 25 € | theatregaronne.com

S’il existe bien les Rencontres européennes de la scénographie pour les professionnels, il n’y avait rien à
destination du public. Pour Aurélien Bory, « C’est un impensé, car le théâtre est éminemment un art de l’espace ». Avant le milieu du XXe siècle, on parlait simplement de décorateur, à savoir de peintre. Dorénavant, cet espace s’écrit avec les sons, la lumière, une machinerie, des objets plus ou moins numériques, la vidéo, etc. Le directeur du Garonne répond par une pirouette au débat qui veut que l’on oppose les tenants du texte (l’auteur, puis l’acteur seraient au cœur de la création théâtrale) aux tenants d’un spectacle total (tout compte à part égale, du texte au décor avec tout ce qu’il contient). La discussion fait partie des « constantes du théâtre » qu’il suit avec intérêt mais… « Pour moi, explique-t-il, avant les corps, avant les mots, il y a la scénographie. Un décor n’est jamais neutre : il contient déjà, en creux, une pièce. C’est cette vision que porte SCÉNO. »

La scénographie réunit tout le monde, c’est vraiment un art pluridisciplinaire

Cette première édition convie des scénographes au parcours mouvant qui sont aussi des metteurs et
metteuses en scène. Ainsi, la belge Miet Warlop a fait les Beaux-arts. Philippe Quesne, que l’on a déjà vu au Garonne, a suivi la formation d’arts plastiques à l’École Estienne et aux Arts décoratifs avant de devenir scénographe puis metteur en scène. Aurélien Bory, dont la pièce aSH sera rejouée, vient du cirque et Phil Soltanoff a commencé par être acteur aux États-Unis avant de faire de la mise en scène et de s’intéresser aux médiums les plus variés. En l’occurrence, avec Steven Wendt, le théâtre d’ombres. Quant à l’artiste allemande Ulla von Brandebourg, elle est à la frontière entre scénographie et arts plastiques. Elle interviendra régulièrement ici pendant 3 ans, en association avec le musée des Abattoirs. Pour SCÉNO, elle déploie l’installation Das was ist dont le visuel est utilisé pour la communication du théâtre.

« La scénographie réunit tout le monde : danse, marionnette, théâtre, arts plastiques, c’est vraiment un art pluridisciplinaire ». insiste Bory. Par ailleurs, il a tenu à associer l’ENSATT, l’École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, à cet événement. « Il faut montrer un échantillon de ce vers quoi tend la scénographie de demain ». Ainsi, quatre étudiantes de 3e année vont passer une semaine avec des artistes invités et présenter ensuite, à l’oral, leur Théâtre idéal. « Tous ces artistes sont singuliers. Pour moi, c’est de l’ordre de l’émerveillement ! avoue-t-il. Ils inventent des formes, ouvrent le plateau, esquissent par leurs gestes de nouvelles perspectives. Je considère que leur travail est stimulant pour notre imaginaire d’artistes, pourquoi ne pas le partager avec le public ? »