DÉTOURS DE CHANT : La chanson de la gloire
[FESTIVAL] Différents lieux à Toulouse | du 24 jan. au 7 fév. | détoursdechant.com
L’incontournable festival toulousain dédié à la chanson dans toute sa diversité fête son 25e anniversaire en 2026. À l’occasion du quart de siècle de l’évènement, Clutch s’est entretenu avec son nouveau directeur Jean Marc Fuentes.
| Propos recueillis par Emil Boudjemaa – Photo : Pierre Morel
Clutch : Le festival fête ses 25 ans cette année. Qu’est-ce que représente cet anniversaire pour vous et pour l’équipe ?
Jean Marc Fuentes : C’est évidemment impressionnant. Vingt-cinq ans pour un festival de chanson, c’est un vrai cap. Je suis arrivé récemment, au mois de mai, pour reprendre la présidence et la programmation. Pour cette édition anniversaire, j’ai tenu à travailler collectivement, en m’appuyant sur plusieurs fondateurs du festival. Pendant près de deux mois, nous avons construit une programmation à la fois fidèle à l’ADN du festival et ouverte à de nouvelles propositions, en tenant compte des contraintes de salles, puisque nous n’avons pas de lieu attitré.
Justement, comment s’est construite cette programmation spéciale 25 ans ?
Elle s’est faite à partir d’envies communes et d’une volonté d’éclectisme. On retrouve des artistes émergents comme Eléma ou Cosma, mais aussi des artistes plus confirmés. Nous avons également souhaité rendre hommage à ceux qui ont marqué l’histoire du festival. Jean Guidoni, présent dès les débuts, devait être de la programmation mais il nous a quitté. Nous avons choisi de lui rendre hommage tout au long du festival à travers ses chansons et ses textes interprétés par d’autres artistes. Un hommage sera aussi rendu à Anne Sylvestre, marraine du festival, avec un spectacle original mêlant chanson, clown et poésie.
La chanson est bien plus présente qu’on ne le pense, y compris dans des formes très contemporaines.
La chanson n’est pas toujours perçue comme un genre très actuel. Comment voyez-vous l’évolution du festival ?
La chanson est bien plus présente qu’on ne le pense, y compris dans des formes très contemporaines. Notre rôle est de le montrer, tout en accompagnant des artistes en devenir. Le festival défend aussi bien la chanson francophone que les musiques traditionnelles et les musiques du monde. Nous travaillons principalement dans des salles de taille moyenne, mais certains artistes fédèrent aujourd’hui un public bien plus large. L’enjeu est de trouver l’équilibre entre découverte et têtes d’affiche.
Y a-t-il une volonté d’attirer un public plus jeune, notamment les 18–25 ans ?
Oui, clairement. Cette année, plusieurs propositions s’adressent directement à ce public, notamment les soirées « Coups de pouce », qui permettent de découvrir de jeunes artistes. Un travail est mené avec des lycéens pour les impliquer dans la sélection et la découverte des projets. Des artistes issus des réseaux sociaux, comme Cosma, font aussi partie de la programmation. Le public de la chanson a vieilli, mais je suis convaincu que le genre est en train de se renouveler.
À l’origine, le festival avait-il pour ambition de durer aussi longtemps ?
Pas du tout. À ses débuts, le festival était très modeste et se déroulait principalement dans une seule salle. Aujourd’hui, il investit une douzaine de lieux à Toulouse et plusieurs communes alentours. C’est devenu un rendez-vous important pour la chanson, d’autant plus que les festivals dédiés à ce genre se font plus rares.
Un dernier mot pour le public peut être ?
Pour les 25 ans, nous avons mis en place des pass à tarifs réduits afin d’encourager la curiosité et la découverte. Sur le site du festival, le public peut aussi retrouver des vidéos pour mieux connaître les artistes programmés.![]()