« Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes« . Cette devise des pompeux Shadoks va comme un gant à Noël Godin et sa guérilla burlesque. Le truc d’un attentat pâtissier réussi ? Déposer directement la tarte dans le faciès, délicatement.
| Propos recueillis par Alexandre Courtey



Derrière l’entartage, il y a l’humour mais aussi la subversion. Etait-ce dès le départ un acte de résistance ?
Au début, on s’attaquait aux tenants de la culture narcotique, c’est de Nietzsche. C’est à dire, la culture gonflante à la Marguerite Duras, la toute première entartée. Après, il y a eu la deuxième phase de la croisaide pâtissière, contre les médias faux-culs, dont PPDA ou Jean-Pierre Elkabbach, alors qu’il présidait France Télévision. On au aussi eu Hélène, du temps d’Hélène et les Garçons, et toutes les niaiseries de AB Production qui représentaient le star-system. Ensuite, notre réseau de complices s’est étendu, et on est passé à la phase numéro 3, les élites politiques et économiques.

La tarte ne fait pas rire ceux qui la prennent. L’entartage serait-il le summum de l’humiliation ?
La tarte est révélatrice, en très peu de temps, de la nature profonde de l’entarté. Il pourrait le prendre à la rigolade, et ainsi améliorer son image. Mais les réactions sont plutôt violentes et déplacées, alors qu’il ne s’agit que d’un gâteau à la crème !

Pourquoi la tarte plutôt que le parpaing ?
C’est une violence symbolique. L’Internationale Pâtissière relève du terrorisme burlesque, une nouvelle forme de combat ludique. Jean-Pierre Chevènement, après avoir été entarté, nous a collé un procès et a déclaré qu’il aurait préféré recevoir un coup de poing plutôt qu’une tarte.



Quel est le but réel du café-philo que vous animerez sur le festival Fifigrot, engager de nouveaux entarteurs ?
Oui, à chacune de nos interventions, le nombre d’entarteurs grandit. Le mouvement s’émancipe et on peut compter sur un entartage par semaine dans le monde.

Vous n’avez pas peur qu’à trop en faire, cela perde de sa valeur symbolique ?
Non, pas du tout, car les médias en sont trop friands ! Peut-être n’êtes-vous pas au courant, car ce sont les médias des pays concernés qui en parlent. Et puis, il n’y a pas que l’entartage. Nous applaudissons toutes nouvelles formes de combat, non-violentes mais chouettes. Par exemple, les Yes Men et leurs canulars extraordinaires aux Etats-Unis, qui foutent le bordel dans des organismes comme l’OMC.

Si vous deviez entarter une personnalité toulousaine, ce serait qui ?
On ne connaît pas la politique locale. Le café-philo sera justement l’occasion de savoir qui vous aimeriez entarter et ce serait formidable si l’entartement était collectif. Rien n’est plus beau qu’un bel attentat collectif !

Donc, pas d’entartage prévu pendant le festival ?
Non, mais cela s’improvise souvent un attentat pâtissier. On espère que de bonnes idées viendront pendant la soirée philo. Nous sommes à une période où les choses se rejouent en France. Les victimes idylliques étaient dans le précédent gouvernement. Maintenant, on va voir ce qui va se passer. Il ne s’agit pas d’opérer gratuitement, il nous faut de bonnes raisons, la chasse aux Rroms notamment. Dans le nouveau gouvernement, Manuel Valls a l’air psychorigide. On le surveille de près…