GREEN GALERIE, C’EST FINI…

[CLUTCH AUX ARCHIVES] Article publié dans Clutch #82

Après 12 ans d’aventure, l’espace d’exposition et salon de tatouage Green Galerie ferme ses portes. En février dernier, Clutch consacrait un article à ce lieu atypique de vie et de créativité qui, sous la houlette de Nathy & Alan, cassait les codes du monde du tatouage.

| Maylis Jean-Préau

Par un jour de manif’, franchissant non sans difficulté un cordon de CRS, nous parvenons à nous extraire du parfum bienveillant des gaz lacrymogènes et des bodyguards de Christophe Castaner. Enfin, voici la rue du Coq d’Inde, ses petites boutiques et, au beau milieu d’elles, la vitrine de la Green Galerie. Derrière le comptoir, chevelure noire de jais et mini-jupe, Nathy nous sourit. C’est à ses côtés qu’Alan a crée ce lieu en 2008. « J’avais appris le tatouage dans un tattoo shop à Lyon et j’avais envie de voler de mes propres ailes. Et puis j’ai rencontré Nathy qui, étant toulousaine, voulait revenir ici », explique Alan, casquette vissée sur la tête et tatouages aux bras.

Son idée ? Ouvrir un shop mais pas seulement : « J’avais vraiment envie qu’il y ait aussi le côté galerie pour faire le lien entre l’art et le tatouage. Pour ouvrir cet univers. Si j’ouvrais seulement un tattoo shop, je savais que beaucoup de gens n’en pousseraient pas la porte ». Au lancement, la Green Galerie propose donc, en plus du tatouage, des espaces réservés à des créateurs de vêtements, de bijoux… « Nous avons évolué pour nous concentrer sur l’artistique, en affinant notre choix de déposants vers des propositions plus tournées vers le graphisme, et avec la mise en place d’une exposition chaque mois », poursuit Alan.

Cette double identité a permis de créer des passerelles

DOUBLE IDENTITÉ
Si un box et la cave sont réservés à l’activité tatouage, on peut tout à fait pousser la porte de la Green Galerie pour jeter un œil sur l’exposition du moment. Dessin, photo, sculpture, propositions classique ou très contemporaines, le lieu ne s’interdit aucun style et fonctionne au coup de cœur. Résultat, cette double identité a permis au lieu de créer des passerelles : « il n’est pas rare d’avoir des collaborations avec des artistes qui vont produire un dessin original que nous allons ensuite tatouer ». Le prochain artiste exposé (en février), le Sétois Fred Inkvader est d’ailleurs également un tatoueur spécialisé dans le japonais classique !

Autre objectif atteint, changer l’image du tatouage : « les gens qui rentrent pour l’expo, se rendent compte de ce qu’est vraiment un tattoo shop, cela les interpelle, crée la discussion », se réjouit Alan. Les néophytes en matière de tattoo peuvent ainsi prendre la mesure de son côté très créatif. Alan, également illustrateur (voir Clutch #43), en est l’exemple vivant : « je n’ai pas de modèles de tattoo à présenter, chacun d’eux est une création faite par rapport à une personne ». Côté tatouage, la Green Galerie invite également régulièrement des guests (dont Sabha, artiste du Clutch #63), afin d’élargir sa proposition artistique. À notre tour, on ressort de là sans tatouage, mais avec le regard changé !

Photo : To be continued… © Alan aka Blasté


SO LONG !
Avec la fermeture de la Green, Clutch perd un soutien et ami de longue date. Notre magazine a en effet collaboré avec la galerie depuis le… premier numéro, avec une exposition de l’artiste Gilen. S’en suivront plusieurs autres au fil des années, parmi lesquels le 4Cha4, François Bel, Kamille Lévêque Jégo, Didier Progéas ou Jean-Philippe Escafre. Sans oublier évidemment, Alan aka Blasté, le tatoueur en chef de la Green. Mais rassurez-vous, ce dernier n’abandonne pas pour autant son art et continuera à tatouer en guest et en itinérant entre Toulouse et le littoral Atlantique. On retrouvera donc l’équipe dans de nouveaux projets, futures expositions et conventions de tatouage ! | greengalerie

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