Tradition oblige, c’est une artiste portugaise, Emmy Curl qui inaugure cette édition 2026. Sa musique alliant dream pop et paganisme, ses tenues de fée ont rapidement emporté le public dans son monde onirique.

On enchaîne avec The New Eves, quatuor féminin avec violon, instrument qui fait son retour dans la musique actuelle. Le set commence tranquillement par des ballades folk. Après une vingtaine de minutes, le concert bascule dans une autre énergie résolument punk : les New Eves se lâchent, la batterie devient plus lourde, les cordes plus rapides, Violet Farrer improvise une danse pieds nus sur scene. Dommage que le format festival limite leur set à 45 mns : c’est un groupe que j’irai définitivement revoir sur scène.

PRIMAVERA SOUND PORTO 2026 _ © Hugo Lima | www.hugolima.com | www.instagram.com/hugolimaphoto

Sensible Soccers, autre groupe portugais, met de bonne humeur. Il y a du soleil dans leur musique, un côté répétitif et planant qui rappelle The Orb. De la pure « feel good music » aérienne version portugaise. Cela donne envie découvrir plus la scène locale lors des prochaines éditions

Découvrir OKLou en live au coucher de soleil, plutôt tentant non ? On retrouve de suite sa voix et ses effets savant mélange de delay et d’autotune. Elle est filmée en direct avec un filtre bleu pour rajouter une dimension graphique. Tout est sous contrôle mais c’est musicalement et esthétiquement parfait. Petit bonus, sa déclaration d’amour pour Porto et le passage sur balançoire qui nous apporte des petits frissons.

La nuit commence avec Ethel Cain, et là, je n étais pas prêt. Il m’est très difficile pour moi de retranscrire par des mots ce que j ai vécu car mon cerveau émotionnel a pris le dessus. J ai été littéralement envoûté par sa voix dramatique, ses morceaux qui durent et installent une atmosphère. Je n ai jamais autant pleuré d’émotion pendant un concert, chaque chanson m’amenant dans un tourbillon de sentiments avec une intensité rare. Vu les photos d’après concert, j’étais loin d’être le seul.

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The xx m’a à la fois surpris et laissé sur ma faim. En live, je me suis rendu compte de la subtilité de leur musique, de l’harmonie des voix entre Romy et Oliver, du dialogue permanent basse/guitare entre eux deux (Jamie étant plus en retrait). Mais leur musique intimiste toute en nuances et minimaliste ne s avère pas adaptée à un concert en plein air. Quel bonheur, ça aurait été de les découvrir pendant leur débuts.

Cette première journée se termine avec un groupe certainement plus brut et énergique : Kneecap. Le concert débute par des textes de soutient à la Palestine. Des la première minute, le public se transforme en moshpit géant. Ca saute, se bouscule, se jette, mais dans un respect total : la foule est totalement électrisée par la puissance de Kneecap à 110% des le début. Impossible d’y échapper, je me laisse happer non sans plaisir par le chaos ambiant. Musicalement, c est hyper puissant : le flow du Mo Chara, Móglaí Bap est parfait, admirablement soutenu par DJ Próva.

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C’est totalement en sueur que je termine cette journée qui aura été une des plus intenses des trois éditions.

Sous un soleil de plomb, la journée démarre en délicatesse avec Annahstasia et une formation purement acoustique : deux guitares, un violoncelle et une contrebasse. Leur musique folk est très apaisante, sa voix a un côté chaleureux, doux et rassurant, comme Ben Harper. Le public se laisse bercer : je n’ai pas vu passer du tout ces 45 minutes et quelle chance d’assister à ce concert au premier rang.

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Mark William Lewis et ses musiciens ont le désavantage d’effectuer leur set devant un public indifférent totalement hébété par la chaleur. Mais plutôt que de balancer le concert, ils décident de jouer pour eux-mêmes et de donner une grande part à l’improvisation. On ressent énormément de dialogue entre les instruments et un plaisir évident a jouer ensemble : leur sourires ne mentent pas.

Panda Bear, un des membres fondateur d’Animal Collective, et son électro psychédélique m’a laissé perplexe. Si je reconnais la richesse des sons qui s’entrecroisent, le charme des parties chantées à l unisson, je ne suis jamais arrivé à rentrer dans la musique. Mais c’était peut-être moi le public hébété cette fois-ci.

Slowdive, groupe légende du shoegaze, leur succède devant un public de tous les âges. On retrouve immédiatement leur son caractéristique fait de nappes sonores enchevêtrées survolées par les voix aériennes de Rachel Goswell et Neil Halstead. Pour un non initié, on comprend de suite d’où vient le terme shoegaze vu qu ils passent leur temps à regarder leur pédales d’effets. Cela n’empêche pas du tout le dialogue musical, tout au contraire : les morceaux s’étirent et partent en exploration. La part belle est faite au dernier album avec un héroïque Souvlaki Space Station qui nous projette dans les etoiles.

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D’une certaine manière, les Viagra Boys se situent à l’oppose avec leur son brutal et leur riffs de guitare puissants un peu dirty. Sebastien Murphy est torse nu complètement survolté, le saxophone ténor apporte un son rugueux ce qui renforce le style punk et animal de leur musique. Le public est complètement à fond et se transforme en marée humaine. J’ai regretté de suivre leur set depuis le haut de la colline.

On arrive enfin à Gorillaz, LA tête d’affiche de ce festival. Ce concert est un délicieux voyage musical et visuel avec diffusion de clips avec les personnages indissociables de l’univers Gorillaz. La part belle est faite à l’Inde et au dernier album « The Mountain » mais aussi des incursions en Afrique, dans le monde urbain avec Yasiin Bey comme guest de luxe. Beaucoup d’enfants dans le public attirés par l’image cartoon du groupe qui apprécient pleinement leur tout premier concert. Une réussite totale avec les classiques « Feel Go Inc. » et « Clint Eastwood » pour finir.

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Le nuit se clôture avec Melt-Banana duo de noise japonais avec une chanteuse hurlante et un guitariste abusant du mode aigu et strident. Trop expérimental pour moi.

The Sophs groupe californien post punk avec une influence Good Charlotte ouvre cette journée. Le chanteur court partout, les musiciens s’éclatent : même si rien de révolutionnaire, il y a un retour aux années 2000 qui est très rafraîchissant.

Dans le style post punk, Yard Act est une pointure au dessus. Énormément de présence scénique avec un James Smith surjouant avec un plaisir évident. Ajoutez un bon gros son de basse, une guitare au jeu rapide aux accents funky, une batterie aux rythmes cacthy : la recette idéale pour emporter un public qui n est pas forcement venu pour eux.

Curieux d’écouter du violon électrique, je vais voir Sudan Archives. Des la première seconde, j ai des frissons : elle apparaît avec une combinaison ornée d’éclairs et des lentilles blanches qui lui donnent l’air d’une déesse antique. Sa musique n’est pas en reste et est hyper originale, on passe du violon électrique au rap avec passages purement R&B ou électro. Seule, elle occupe entièrement la scène en dansant, marchant, posant, jouant et se mêlant plusieurs fois à la foule en liesse. Pour moi, Sudan Archives a été LA révélation de ce festival. Vivement qu’elle revienne en Europe.

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Massive Attack était l’autre tete d affiche de ce festival. Cela démarre par un video effrayante sur une puce implantée dans le cerveau d un singe et les dérives de l’IA. La politique est omniprésente dans leur show : les écoles bombardées d’Iran, la Palestine et le nombre de morts, les chrétiens réduits en esclavage au Soudan… Le tout bien entendu accompagné de leur musique qui peut sembler angoissante. Pour résumer, tout le concert donnait l’impression d’un rêve. On était parfois dans un cauchemar style Black Mirror excepté que les images sont bien réelles. Mais aussi transporté au paradis avec une grande place donnée à « Mezzanine » avec la présence de Elizabeth Fraser et Horace Andy et leurs voix pure. Ce concert m’a marqué pendant plusieurs semaines tant j’étais transporte dans un autre monde.

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IDLES a conclu la soirée mais étant placé loin je n’ai pas pleinement profité de leur set. J’avais encore la tête à Massive Attack : trop difficile de passer à du post-punk puissant. Mais aux dires des amis placés devant, c’était un excellent concert.

Depuis deux ans, le Primavera Porto Sound atterrit en douceur en consacrant une dernière journée à la musique électronique.

La foule est nettement moins compacte mais souriante et heureuse : c’est comme une atmosphère d’after. Toute la journée est basée sur la House : Xinobi et Dixon ont fait monter progressivement la température pour arriver à Peggy Gou, pas habituée de jouer à 21h. Sa musique fait que l’on se sent bien, l’on a envie de bouger. Chose rare, j’ai dansé une grande majorité de son set. Le public était totalement dans la musique et Peggy a même déclaré que Porto était le meilleur public de 2026.

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J’aurais du mal à la contredire et c’est sans aucun doute que l’on se retrouve pour l’édition 2027.