[VIDÉO CLUB]
Les Chroniques (inédites) d’avril 2020

ANGEL HEART

ALAN PARKER (Studio Canal)

[THRILLER VAUDOU]
Réalisé en 1987 par un Alan Parker alors très inspiré (il enchaînera sur Mississippi Burning), Angel Heart s’apparente à une plongée en enfer au sens littéral. Une enquête poisseuse qui ne cesse de s’enfoncer dans les tréfonds d’un marasme d’où émerge la figure malfaisante d’un énigmatique commanditaire. Sur le plateau, alors en pleine bourre, Mickey Rourke le chien fou, se heurtait aux méthodes d’un Robert De Niro glacial. Une tension qui sert admirablement le propos de cette œuvre aux violents relents de souffre, désormais disponible dans une édition à la hauteur de son statut culte. | G.R.


THE LIGHTHOUSE

ROBERT EGGERS (Universal)

[FANTASTIQUE]
Décidément, Robert Eggers ne manque pas d’aptitudes pour mettre en scène la folie. Après avoir malmené une famille toute entière dans la forêt de The Witch, le réalisateur américain enferme cette fois-ci le duo DafoePattinson dans un phare. Ce Lighthouse, fort justement nommé, n’a quant à lui pas fini de vous enfoncer dans votre canapé, tant ce huis clos devient de plus en plus anxiogène au fil des minutes, vous savez, ce genre de film aussi irrésistible qu’un tantinet dérangeant. Willem et Robert sont sur un bateau, Wilem tombe à l’eau, Sirène, qui a dit que je ne boirais pas de ton eau ? Mythique. | M.L.


UNCUT GEMS

BENNIE & JOSH SAFDIE (Netflix)

[THRILLER]
31. Le nombre de jours qu’il aura fallu attendre pour prendre en pleine tronche la première claque ciné de l’année. Pourtant, avec Adam Sandler et Kevin Garnett en haut de l’affiche ça partait pas pour le mieux. Mais c’était sans connaître les frères Safdie qui, au-delà d’exploser avec Uncut Gems le BPM moyen de Good Time, nous plongent sans bouteille d’oxygène dans les bas-fonds du milieu des joailliers new-yorkais. Réalisation ultra nerveuse avec un Adam Sandler magistral, un final brutal, bref, gros tour de force des frangins du Queens, toujours aussi à l’aise pour filmer la Grosse Pomme. | M.L.


DOCTOR SLEEP

MIKE FLANAGAN (Warner Bros)

[ÉPOUVANTE]
Une suite à Shining ? Stephen King lui-même s’est plutôt planté, tant Doctor Sleep est un livre mineur (ou franchement raté) dans sa carrière. Pourtant, Mike Flanagan réussit à unir le roman originel de l’écrivain et la trahison du film de Kubrick dans un même élan. S’il ne peut reculer devant certaines impasses narratives (les flashbacks de l’Overlook Hôtel), le réalisateur démontre un sens de la mise en scène élégant et inventif, particulièrement dans les scènes impliquant le personnage de la magnétique Rebecca Ferguson – lointaine réminiscence de Near Dark -. Mieux : en filigrane dans le montage cinéma, le thème de la transmission des traumas familiaux prend toute son ampleur dans la version longue. | B.O.

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